House to House
Jeanne Susplugas
- 22 mars au 29 mai 2010
House to House
Jeanne Susplugas
22 mars - 29 mai 2010
Le travail de Jeanne Susplugas se construit autour de plusieurs thématiques de recherche et questionne ce qui nous enveloppe : ces peaux, le corps et l'habitat qui nous protègent et qui également nous révèlent.
Le corps est évoqué sans être nécessairement représenté. Cette présence de nos conditions reste, dans ses travaux, subordonnée aux différentes addictions qui nous conditionnent : le corps en tant qu'habitat, la maison ou espaces similaires et enfin l'addiction aux substances que propose l'industrie pharmaceutique pour alléger et rendre tolérables certaines difficultés de l'être. Une possibilité de survie face aux obsessions et aliénations qui pèsent sur le quotidien. Le miracle d'un « éveil » plus aisé alors que l'angoisse tenaille le corps et l'esprit. Certaines addictions sont comme des compagnons d'infortune et impliquent une cohabitation obligatoire pour ne pas fuir les journées.
Les apparences esthétiques que prennent les pièces de l'artiste sont trompeuses sur l'âpreté des objets représentés et des perspectives qu'elles engendrent comme « espaces clos ».
Ce nouveau projet de Jeanne Susplugas construit un parcours plein d'énigmes, pour lequel l'artiste produit plusieurs nouvelles oeuvres. Photographies en apparence abstraites issues de boîtes de médicaments ou piluliers, grands dessins aux motifs pharmaco-littéraires, cage lumineuse, bandes sonores réalisées à l'aide de textes commandés à des écrivains comme Marie Darrieussecq ou Basile Panurgias. L'oeil microscope se fait anthropologue et dévoile un monde parallèle, issu du domestique et d'un quotidien : un pilulier devient un habitat, une crème de beauté un iceberg perdu dans l'océan, quelques pilules et gélules des constructions ovoïdes colorées. L'acte du poétique surgit d'une collection, d'une constellation d'objets aliénés à une histoire privée. L'artiste élabore une vision de l'intime depuis et par les facteurs de dépendance : survie, addiction à l'apparence physique, confort psychique, phobies, tocs...
Comme la plupart des artistes de sa génération, Jeanne Susplugas ne s'interdit aucun médium. Dessin, son, performance, photographie, vidéo et installation sont les outils que l'artiste emploie comme autant de vecteurs pour la construction des objets et images qu'elle met en scène et en abîme.
www.susplugas.com
À l'occasion de cette exposition deux nouvelles oeuvres House to house et Door of serenity ont été produites par le wharf.
Jeanne Susplugas
Née en 1974 à Montpellier, vit et travaille à Paris et Berlin.
« En fait, le corps même absent est toujours présent - comme dans tous les travaux que j'appelle « aliénation ». Quand je travaille sur le médicament, c'est du corps dont je parle. Ce corps malade, ce corps des XXe et XXIe siècles ! ce corps que l'on soigne, que l'on vitamine, que l'on maltraite, que l'on corrige, qu'on lipo-suce, que l'on botoxe !
Dans La maison malade ou Salle capitonnée, le corps est partout, derrière toutes ces boîtes collectées auprès des hôpitaux, de particuliers... qui ont circulé de main en main. Ou encore derrière ces coussins transparents qui suggèrent toutes nos obsessions pour nous rendre mieux, plus « beau », plus jeune... qui évoquent nos rituels quotidiens.
Finalement, quel que soit le médium, c'est de la même chose dont je parle. »
extrait de l'entretien de Mo Gourmelon et Jeanne Susplugas
