Enregistrements
Lisa Steele et Kim Tomczak
- 25 janvier au 13 mars 2010
Enregistrements
Lisa STEELE et Kim TOMCZAK
du 25 janvier au 13 mars 2010
Enregistrements
Photographies et vidéos 2003-2009
Le wharf, présente un ensemble de travaux récents de Lisa Steele et Kim Tomczak, deux artistes de Toronto qui collaborent à une oeuvre depuis une vingtaine d'année. À travers les trois « sections » présentées, cette exposition permet d'appréhender les différents territoires de travail que ces deux artistes explorent. Dans l'ensemble de leur production, le corps est envisagé comme le véhicule d'interrogations artistiques et sociales. Il est ici le point central, producteur et récepteur d'un ensemble d'événements lié à sa propre condition. Cette relation du corps face aux espaces de tous ordres devient un enjeu des phénomènes sociaux mis en oeuvres à travers et depuis la sphère intime ou publique. Les réalisations qui découlent de leurs interrogations et observations sont toujours envisagées comme des productions artistiques. Cependant, elles convoquent une nouvelle perspective de la production « documentaire » où le réel construit une fiction, et la fiction un « réel ».
Cette nouvelle approche qui conjugue art et document propose des contrepoints à propos des phénomènes sociaux qui les engendrent. Les énonciations « universelles » engagées par ces deux artistes intègrent des histoires individuelles et personnelles à une histoire plus collective. Cette présence du documentaire au seuil de la production artistique intègre le vivant au coeur des pratiques artistiques contemporaines.Les protagonistes des « enquêtes » participent à la constitution des tableaux. Lorsque la sphère de l'intime est éventuellement convoquée et présentée, c'est pour mieux figurer la collectivité, le doute, ou l'empathie communautaire qui peut nous réunir.
L'oeuvre Bump in the night est constituée d'environ 35 photographies de grand format, qui présentent des adolescents de dos auxquels les artistes ont posé une série de questions simples portant sur leurs angoisses, leurs ambitions, leurs joies, leurs rêves, un cauchemar récent, un événement marquant s'étant déroulé à l'école, un événement ou une situation effrayante. Le corpus des réponses recueillies révèle ainsi le caractère parfois homogène de ces jeunes adultes d'Allemagne, de France et du Canada. Ces réponses inscrites sur les images fabriquent des portraits uniques, et dévoilent également la profonde angoisse et solitude qui les unit.
La série de Facing Forward propose une série de portraits de femmes et hommes d'affaires ou employés dans de grandes compagnies. L'image ne présente que la façade de l'immeuble de l'organisation pour laquelle ils travaillent. Seul le texte inscrit sur les images laisse entrevoir une sorte d'« arrêt sur image » de leur parcours, de leurs rêves encore possibles ou de leurs déceptions éventuelles. Comme pour les portraits de Bump in the night, cette série devient une sorte d'image-écho de leurs aînés ; une vision de leur futur proche d'où se sont enfuies certaines de leurs espérances.
Speak City, grand tableau vidéo composé d'une succession de noms de rues de Toronto comme nous pouvons en trouver dans toutes les grandes cités urbaines. Sorte de Haïku composé depuis ces éléments de signalétique qui écrivent une sorte de grand poème urbain.
La série de vidéos : City Studies : Becoming V...(2007), Becoming B( 2007, Becoming T...2008) explore l'évolution architecturale de Vancouver, Berlin et Toronto.
Miniatures se présente comme un triptyque (Free speech, Make love not war, May 68), qui associe un slogan souvent issu d'une période utopique de l'histoire contemporaine, et une image dont la forme et le fond semblent être en opposition. Comment une image et un slogan pourtant dissemblables composent un « tableau », un frottement lié par deux oppositions textes/images ?
