Gleisdreieck - Jonction des voies triangulaires

DAS SYNTHETISCHE MISCHGEWEBE


Gleisdreieck - Jonction des voies triangulaires

Das Synthetische Mischgewebe

2 au 13 décembre 2009

Vue de la performance du 5 décembre 2009 © K. Louviot

EXPOSITION DU 2 AU 13 DÉCEMBRE 2009
DANS LE CADRE DU PROJET MUR*MURS, AUTOUR DES 20 ANS DE LA CHUTE DU MUR DE BERLIN

PERFORMANCE/V E R N I S S A G E - SAMEDI 5 DÉCEMBRE 2009 À 20H30 - ENTRÉE LIBRE

Avec la participation de Bérengère Andréo, Sonia Aubert, Sophie Aumont, Isabelle Chemin, Rainer Frey, Guido Huebner, Jean-René Lassalle, Flavien Lavisse, Samuel Loviton, Olivier Pigeon

VENDREDI 11 DÉCEMBRE 2009 DE 18H30 À 21H - Improvisations Élèves et étudiants en danse contemporaine - Département Danse du Conservatoire de Caen (CNR)

SAMEDI 12 DÉCEMBRE 2009 JUSQU'À 22H - Lecture de Triling de Jean René Lassalle, édition Cynthia 3000 par le groupe Murmures

ATELIER CENTRAL DE LA FONDERIE, PARKING DU BIG-BAND CAFÉ, HÉROUVILLE SAINT-CLAIR
OUVERT TOUS LES JOURS DE 15H À 18H30 - FERMÉ SAMEDI 5 DÉCEMBRE 2009


Guido Huebner est né à Berlin le 26 mars 1963, jour où Kennedy prononça une phrase devenue célèbre : « Ich bin ein Berliner ». Le mur sépare alors la ville depuis le mois d'août 1961 et grandir à Berlin Ouest n'est pas très éloigné de la vie sur une île.
Fondateur du groupe pluridisciplinaire, imprégné d'une forte culture graphique et très influencé par les arts plastiques : « Das Synthetische Mischgewebe », Guido Huebner investit rapidement le terrain de la performance et de la création musicale, dans le sillon de ce que l'on appelle « la
musique industrielle ».
Schématiquement, la branche berlinoise de ce mouvement musical et plastique s'ancre dans l'affrontement entre capitalisme et communisme. Les artistes rejettent violemment, et de manière égale, la vitrine ostentatoire de la société de consommation qu'est devenu Berlin Ouest et la violence de l'asservissement et de la répression de l'autre côté du mur. Comme beaucoup, Guido Huebner a connu une famille séparée par le mur, les attentes interminables aux postes frontières et ces proches qui deviennent peu à peu des étrangers.
Ayant quitté Berlin pour Barcelone avant l'effondrement de la RDA et, installé à Caen depuis plus de 10 ans, Guido Huebner est bien évidemment particulièrement sensible à l'anniversaire des 20 ans de la chute du mur.

« Gleisdreieck » est à l'origine une gare de tramway berlinoise (S-Bahn), faisant la jonction entre les trois branches du réseau historique construit en 1902. En 1961, sa plateforme inférieure devient le terminus de la ligne U2 du réseau est allemand, alors que passe le réseau ouest allemand sur sa partie supérieure. Toute une partie des terrains et des bâtiments occupés par l'ancienne gare est laissée à l'abandon, transformée en no man's land, suspendue entre l'Est et l'Ouest. Depuis la chute du mur, une partie de Gleisdreieck a été reconvertie en station de métro et, le reste a été rasé pour laisser la place à un parc.
Le projet « Gleisdreieck » est de proposer un espace permettant tout à la fois d'apporter un témoignage sans nostalgie sur une ville et le travail artistique de ceux qui sont nés avec le mur, de se réapproprier l'héritage des années 80 et de le confronter aux travaux récents de DSM. En ce sens, il tient à la fois de l'installation plastique, de l'installation sonore et peut être le lieu de performances.

1987 - DSM
Depuis un pont sur lequel passait le métro ouest allemand, surplombant les terrains en friche et interdits de Gleisdreieck, Guido Huebner et les artistes de DSM (parmi lesquels Isabelle Chemin et Rainer Frey) contemplent chaque jour cet espace surréaliste. Les analogies avec le film Stalker de Tarkovski (1979), inspiré du roman éponyme d'Arcadi et Boris Strougatski, ne manquent pas de frapper leur imagination. La décision de braver l'interdit, de pénétrer « la Zone » et peut être y découvrir « la chambre » est prise en 1987, manière également de dépasser les frontières, de faire en sorte que l'histoire des individus ne soit plus écrasée par la « grande » histoire mais au contraire puisse se l'approprier, la domestiquer.

Enfants, les jeunes berlinois s'introduisaient volontiers sur les champs de manoeuvre de Berlin pour y dérober les munitions hors d'usage abandonnées par les militaires. Renouant avec l'art du camouflage, les artistes de DSM, déguisés en footballeurs du dimanche, secondés par des
guetteurs à l'affut des rondes des policiers, se glissent sous les barbelés. Equipés d'amplificateurs, micros, magnétophones et appareils photos, les artistes investissent l'ancien espace de triage des trains et entament une performance sonore et visuelle sans public, interrompue uniquement par
l'approche des rondes.
De ce travail sont nées ultérieurement des performances et expositions présentées à Berlin, Saragosse, Cadillac, Florence et les enregistrements de l'époque ont été utilisés pour différentes compositions. En 2006, un double CD est édité sur le label /\IC à Berlin, reprenant la quasi intégralité des enregistrements.

2009 - GLEISDREIECK - reconstitution
L'idée de cette reconstitution est de faire revivre symboliquement le temps et l'espace de la performance de 1987. Si Gleisdreieck a disparu du paysage berlinois, l'installation fait revivre les lieux de la performance à travers le tracé au sol, et sur les murs, des plans et des silhouettes des bâtiments principaux. Notamment, il s'y trouvait un plateau qui permettait de diriger les automotrices et les wagons de la S-Bahn vers les dépôts
positionnés autour. Les rails, les quais, le disque, les bâtiments des dépôts en forme de rotonde sont dessinés si possible en échelle 1:1. Les dessins s'étendront sur les murs, là où la configuration du lieu d'exposition le permettra. Ce plan sera matérialisé principalement avec des bandes adhésives.

Y trouveront alors place des éléments représentatifs de l'atmosphère des lieux en 1987 : vitres cassées traversées par des branches d'arbres, des morceaux de ferraille, matériels cassés et abandonnés, objets devenus fétiches de la performance (robe noire, fer à repasser, pot en cuivre. Ces objets font échos à des photos d'époques, certaines agrandies et développées sur tissu, d'autres diffusées sur des moniteurs.
Des haut-parleurs de récupération installés dans des bidons, des pots, sont disposés un peu partout. Une partie diffuse des sons enregistrés sur place il y a 20 ans. Les sons avaient alors été créés avec les objets trouvés sur place, des moteurs, des outils ou engins à destination mystérieuse et rendus méconnaissables. Les autre hauts-parleurs diffusent des enregistrements de sons et fragments de texte créés en 2009 spécifiquement pour cette installation. Le reste de l'habillage sonore est assuré par des frottements et chocs acoustiques générés par des objets divers mis en mouvement par des petits moteurs basse-tension.
L'ensemble de cette installation est mise en oeuvre par Guido Huebner et deux de ses collaborateurs de l'époque et encore en activité : Isabelle Chemin (Grasse FR) et Rainer Frey (Berlin DE), ainsi qu'avec l'aide des membres actuels de DSM.

DSM propose des concerts à quatre mains à partir d'objets non musicaux, matériaux de base à une musique concrète « live ». Les sons obtenus sont capturés par différents microphones et diffusés par des amplis hi-fi sur des hauts parleurs bricolés. Des matériaux préenregistrés, traités numériquement, viennent interagir avec les sons produits en direct...

DAS SYNTHETISCHE MISCHGEWEBE existe en formation variable depuis plus de 20 ans et a présenté des performances, des installations et des concerts partout en Europe ainsi qu'à New York, Montréal et Sao Paulo. Depuis 1999, le duo Samuel Loviton et Guido Hübner a donné des concerts en France (Paris, Nantes, Caen, Lille), en Belgique (Liège, Bruges), Angleterre (Londres, Nottingham, Leeds), Hollande (Nijmegen, Maastricht, Amsterdam), Allemagne (Leipzig, Hambourg, Berlin, Brême, Cologne, Münster),
Espagne (Barcelone) et Pologne (Varsovie).

En 2005 sont sortis le CD ' Casual Praise of Domestic Calamities ' sur le label Hypnagogia à Leeds et le LP ' Inventaire & Contradictions ', premier volume d'une rétrospective sur le label allemand Vinyl on Demand spécialisé dans la réédition de musique expérimentale des années '80. Le label viennois Klanggalerie et le label Wachsender Prozess de Hambourg éditent prochainement des disques vinyl de certaines parties des ' Frequency Conquistadors'. Des versions, toujours différentes et en évolution, ont été récemment présentées à Hambourg, Leipzig, Maastricht, Münster, Cologne.



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