Would you go in if you knew you might not come out?

Bénédicte Hébert

  • 17 janvier au 27 mars 2009

Would you go in if you knew you might not come out?

de Bénédicte Hébert

Du 17 janvier au 27 mars 2009.

photo principale


Bénédicte Hébert présente deux nouvelles productions photographiques. L’une s’intéresse à photographier le regard du visiteur de musée devant la peinture, d’attendre une rencontre avec la Peinture . Son deuxième axe de recherche s’apparente à un Ciné-journal , carnet de notes photographiques auquel elle juxtapose un dialogue issu d’un contexte filmique : « Ce travail joue sur le brouillage-indistinction, entre fiction et réel.  ».

Les visiteurs du musée que l’artiste capture devant la peinture deviennent composition, et c’est l’addition des regardeurs et du tableau qui fabrique la composition picturale que l’artiste saisit pour une nouvelle construction picturale.

L’humour, l’insolite ou l’inquiétant sont présents dans l’ensemble de cette collection que Bénédicte Hébert construit, visite après visite, au cœur des hauts lieux de conservation de la peinture. Les grands musées d’Europe et d’Amérique du Nord sont les terrains de ses prélèvements photographiques, où elle épie le regardeur dans sa posture, dans sa pause devant la peinture. Qu’elle soit ici, outrageante, violente ou conceptuelle, la peinture exposée se détermine comme des paysages devant lesquels les scrutateurs ou simples passants deviennent des acteurs sans cesse renouvelés des images peintes et fixées à jamais dans leur histoire et l’histoire de la peinture. Ainsi, le cadrage déterminé des œuvres de Bénédicte Hébert et de « son » tableau intègre le vivant devant la permanence de la peinture pour que ces deux corps, l’un intemporel et l’autre temporel, s’additionnent pour constituer un nouveau corps pictural. Au-delà des anecdotes éventuelles de telle ou telle situation cocasse ou étrange, c’est bien de peinture et de ses constructions à travers l’histoire et de l’histoire de l’art dont il est question. Matières et couleurs des vêtements, texture et nuance des cheveux, position et mouvement du regardeur, l’ensemble de ces éléments inspirent les instants où l’artiste fixe un état photographique de « peintures qui nous regardent ».

Ce constat photographique nous engage en retour dans un processus de miroir sur notre impermanence et disparition, alors même que ces peintures se sont vues observées par tant de regards attentifs ou indolents et que notre condition devant l’œuvre nous place à l’endroit exact où l’artiste se trouvait pour fabriquer son image. Cette particularité de l’immobilité devant l’œuvre observée et déchiffrée ne masque pas le flux incessant du mouvement des publics devant des œuvres à peine vues. Cet isolement de certains tableaux à être remarqués est une sorte de métaphore et de mise en abîme sur notre capacité à élever notre regard. Que regardons-nous, qui regardons-nous ? Savons-nous regarder avec la vigilance souhaitée ? Ces questions qui semblent parfois fanées sont toutefois au centre de nos comportements et de l’imprudence de nos regards.

En contrepoint de ce premier corpus, le travail de Bénédicte Hébert s’articule autour de la construction d’images, sorte de journal intime fantasmé, où elle assemble images privées et sous-titres issus d’un contexte filmique dans une confrontation et un frottement du narratif qui est un des éléments récurrents de son travail.

Cependant, comment peut-il en être autrement depuis la naissance des images, et l’Ut pictura poesis d’Horace « la poésie est comme la peinture » ? Même si, depuis le dix-huitième siècle, cette relation tente de se distendre, l’image et son explicitation semblent liées pour longtemps au mot, au verbe donc au narratif et reste suspendue au désir de fiction, au risque même de ses apories.

Gilles Forest




Bénédicte Hébert :
née en 67, vit et travaille à Caen.
vidéaste et photographe.
A 7, met pour la première fois les pieds au Louvre, pour n’en jamais sortir.
A 8, passe la tête dans un écran de télé en découvrant le Citizen Kane d’Orson Welles.
Depuis utilise un Canon pour y voir plus clair.
A 30, obtient son permis de conduire et passe le plus clair de son temps
derrière son pare-brise à arpenter les réseaux routiers.
A 40, découvre l’Amérique, s’achète ses premières baskets
et commence une collection de cartes postales.


Biographie extraite du catalogue, ça me regarde, édité par la galerie Christophe Gaillard et éditions NOUS, avec la participation du Wharf, à l’occasion des expositions ça me regarde et Would you go in if you knew you might not come out ? de Bénédicte Hébert.


ça me regarde, de Bénédicte Hébert
Exposition présentée du 27 janvier au 4 mars 2009 à la galerie Christophe Gaillard.
Vernissage samedi 31 janvier 2009.


Contact :    Galerie Christophe Gaillard
12 rue de Thorigny
75003 Paris
01 42 78 49 16
contact@galerie-gaillard.com
www.galerie-gaillard.com



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