Thanx for the add
Lydie Jean-dit-Pannel
- 11 avril au 13 juin 2008
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Lydie Jean-dit-Pannel
11 avril au 13 juin 2008
Le Wharf présente les derniers travaux et recherches de Lydie Jean-Dit-Pannel, artiste dont nous avons présenté un ensemble d’œuvres dans le cadre des rencontres vidéo art plastique de 2001. Présenter un nouveau corpus de son travail s’inscrit dans cette volonté de poursuivre notre soutien à un projet qui se construit avec le temps. Ce type de collaboration sur la durée a également été réalisé avec d’autres artistes tout au long de ces dernières années. C’est bien l’une des missions d’une institution que de poursuivre un processus d’accompagnement sur la durée en dehors de l’évènementiel.
Le travail de Lydie Jean-Dit-Pannel se situe dans une sphère où le narratif construit le socle de son travail. Cette envie de « cinémas », d’histoires et de contes se présente le plus souvent sous une forme parcellaire. Cet aspect morcelé de ses œuvres, qu’elles soient vidéographiques, photographiques ou de mise en espace, constitue les chapitres d’une histoire en construction mais dont le « lecteur » et « regardeur » n’est pas exclu pour peu qu’il n’ait pas vu ou lu les chapitres précédents. Le spectateur est affranchi d’une éventuelle linéarité de ses histoires ou d’une histoire. La question se trouve plutôt dans le : « qu’ y avait-il avant ? ou que se passera-t-il après ? ». Ainsi la question éventuelle du scénario reste posée au spectateur, et tout entière des chemins possibles à emprunter.
Ses réalisations font le plus souvent références au carnet de bord, de voyage, et au journal personnel. Ses voyages vers d’autres terres, ses déplacements géographiques sont consignés sous la forme de blocs-notes vidéo qu’elle réalise et diffuse sous la forme de haïkus. Ce sont ses multiples abacules qui, bien que sécables, s’additionnent les uns aux autres pour former la mosaïque de son portrait ouvert aux rencontres. Ainsi sa production artistique n’est qu’un prétexte pour ses migrations permanentes vers un autre.
Avec ses dernières œuvres, les questions du déplacement, des frontières et de la métamorphose sont toujours présentes et à double lecture. C’est par le travail poétique et politique engagé autour du Monarque, que Lydie Jean-Dit-Pannel écrit un nouveau chapitre de son atlas. Le Monarque, ce papillon qui prend vie au Canada dans les provinces du Québec et de l’Ontario part rejoindre les forêts du Michoacàn au Mexique pour se reproduire et s’éteindre dans des lieux sanctuarisés. Ce Monarque à métamorphose complète est un Imago, dont l’origine latine du mot a également donné le mot Image ou ombre d’un mort qui s’entend comme les premières représentations depuis Platon. Ce n’est donc pas un hasard si Lydie Jean-Dit-Pannel devient elle aussi une sorte d’Imago, et construit ce nouveau travail de pérégrination autour d’un insecte symbolique et propice aux errances de cette artiste aux pieds ailés.
