Echappées

Exposition collective

  • 4 avril au 21 mai 2006

Echappées

Yang Fudong, Dara Gellman, Gunter Kravis, Eric Mareau, Marie-Line Ménielle, Matthias Müller, N G, Manuel Passard, Leslie Peters, Abraham Poincheval, Lisa Steele, Chen-Chieh Jen, Laurent Tixador, Kim Tomczak, Doriss Ung

4 avril -21 mai 2006 au Pavillon de Normandie - Caen

photo principale

« Échappées » propose une déambulation, bien plus qu'une exposition « thématique » ou à valeur de démonstration. Son aspect essentiel s'articule autour de la (les) représentation (s) de paysages, d'espaces et de différentes topologies de lieux : construits, imaginaires, privés, de plénitudes, de mémoires ou propices à « l'aventure ». En peinture, deux possibilités unissent la définition d'une échappée. La première peut signifier un lointain dans un paysage ou un tableau ou, celle d'une lumière qu'on suppose passer entre plusieurs corps et qui éclaire ainsi une partie du tableau. Dans le cas de cet axe lumineux, cette échappée précise et souligne davantage un élément, un personnage ou un lieu au regard du spectateur. Mais l'échappée peut être également « invisible » à l'observateur si celle-ci est métaphorique, symbolique ou tout simplement secrète si le rêveur ne dévoile pas son songe, son échappée.


Dans un espace dessiné pour cette occasion, cet ensemble construit un parcours qui explore plusieurs aspects de ce que nous pouvons entendre par « paysage ». Cette idée est à considérer comme un fil d'Ariane, une réflexion, un regard sur les modes de représentations de ces « paysages », des sujets que ces œuvres renferment et dévoilent comme des Echappées possibles : poésie, tension, drames à venir ou en devenir, culpabilité voilée, plénitude ou témoignages d'« aventures ». Ces « échappées » sont également des sources de témoignage que nous absorbons ou projetons face « au réel »  : économique et humaine avec l'œuvre de Chen-Chieh Jen ; exploration de l'extrême avec Laurent Tixador ; romantique ou d'un temps « autre » avec le court-métrage de Yang Fudong , et d'une  éventuelle survie à portée de main avec N.G qui nous invite dans sa recherche du comestible en tout point, ville ou campagne et de toucher ainsi du doigt l'esprit du paradis perdu. L'échappée impossible d'une lutte pour une survivance avec l'œuvre de Lisa Steele & Kim Tomczak  ou encore le regard de soi sur soi de Guntar Kravis.  L'espace, le paysage sont à percevoir ici comme le locus, où l'événement intervient et détermine ainsi notre relation complexe à sa perception. La marche et la  Mouvance incessantes que propose Eric Mareau, sorte de mécanique illusoire pour un voyage qui n'aura pas lieu, ou bien, l'enfermement, de quelques échappées passées et confinées en bouteilles, souvenirs fragiles des escapades de Laurent Tixador & Abraham Poincheval vers d'autres terres. Manuel Passard, avec ses collections de peintures historiques, pose la question de la réduction binaire de toute information par l'informatique, de la plus simple à la plus complexe, la peinture ! L'échappée se situe peut-être au sein du  Voyage en demeure  de Doriss Ung, où les deux espaces dessinent des refuges ouverts à l'autre mais également tournés vers soi dans un retranchement de paix, où un halo de lumière forme de nouveau des échappées picturales. Marie-Line Ménielle quant à elle présente deux diptyques vidéo, dont les références directes à la peinture, à  sa complexité de « représentations », de territoires abstraits ou figuratifs, toujours ouverte sur l'imaginaire. Enfin les vidéos de Dara Gellman & Leslie Jean Peters qui sous forme de « tableaux » évoquent avec  Deliberate  le sentiment incidieux d'une culpabilité annoncée, alors que  Pearl  nous invite à l'appréhension d'un habitat simple en apparence mais qui recèle une hostilité vacillante. Cette claustrophobie latente trouve une issue peut-être dans leur  Impossible Landscape , collection et collage d'un voyage utopique dans des paysages de notre imaginaire collectif.
La vidéo et son mode de projection est un outil emblématique d'une génération d'artistes qui « renoue » avec la variété des formats liés aux histoires, à l'histoire que la peinture envisageait, alors qu'elle était l'un des modes uniques de nos perceptions du monde. L'image, fictive ou non, de caractère documentaire ou de témoignage, construit une nouvelle topographie d'un imaginaire liée à cette mémoire, à ces nouvelles échappées...

- Ce parcours d'œuvres réunit des artistes Français, Canadiens, Chinois, Allemands. Quatre artistes sont issus de l'Ecole régionale des Beaux arts de Caen la Mer.
 - À l'occasion de cette exposition deux œuvres ont été produites : Voyage en Demeure de Doriss Ung (suite) et (dans l'antre) de Marie-Line Ménielle.
- Nous présentons également deux œuvres pour lesquelles le Centre d'art a apporté son soutien financier :
Limits of Paradise, free solo de N.G.
North Pole de Laurent Tixador a été produit par le Centre National des Arts Plastiques, le Wharf, Centre d'art contemporain de Basse-Normandie



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